La Gambie a connu une journée sous très haute tension dimanche à Banjul. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté pour réclamer le départ du président Adama Barrow. Des heurts ont éclaté avec la police. Le bilan est encore incertain  le directeur d’un hôpital de la ville annonçait la mort de trois manifestants dimanche soir, une information démentie en début de nuit par le gouvernement gambien.

La situation a clairement dégénérée ce dimanche à Banjul alors que plusieurs centaines de manifestants s’étaient rassemblées à l’appel du mouvement de contestation « Three Years Jotna, Trois ans, il est temps ». Les heurts ont éclaté lorsque ces opposants qui demandent le départ d’Adama Barrow ont changé d’itinéraire et tenté de se rapprocher du centre-ville. La police a alors fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants, mais ces derniers ont répliqué par des jets de pierres.

Interdiction du mouvement « Trois ans, il est temps »

Le bilan de ces affrontements est encore difficile à déterminer. En fin de journée Kebbah Manneh, le directeur de l’hôpital général de Serrekunda, annonçait à plusieurs journalistes dont celui de l’Agence France presse la mort de trois manifestants. Mais en début de nuit, le gouvernement gambien démentait l’information : « pas une seule personne n’est morte pendant la manifestation », assurait dans un communiqué Ebrima Sankareh, le porte-parole du gouvernement.

Quoi qu’il en soit, les autorités gambiennes ont clairement décidé de durcir le ton, le gouvernement a annoncé en début de nuit l’interdiction du collectif Operation 3-Years Jotna (« Trois ans, il est temps »), un mouvement qu’il juge « subversif, violent et illégal ». Une interdiction qui fait suite à l’interpellation quelques heures plus tôt de son président Abdou Njie.