Le chanteur sortira en octobre des versions acoustiques de ses anciens tubes complétés par un morceau inédit avec la star sénégalaise.

Par Marie Poussel, envoyée spéciale à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône)Le 12 juillet 2020 à 17h46

C’est un studio mythique, niché dans une ancienne ferme à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône), village paisible à quelques kilomètres d’Avignon. Sur ces 3500 m2 habitables avec piscine au milieu des lavandes se cache un trésor culturel : la plus grande collection privée de disques classiques de France, soit 200 000 vinyles, ainsi que 30 000 films en VHS et des centaines de livres. Bienvenue à la Fabrique, le paradis des mélomanes.

Mais si les stars internationales comme Kanye West, Nick Cave, Radiohead ou des personnalités françaises telles qu’ Alain Souchon ou Julien Doré viennent dans ce lieu au pied du massif des Alpilles, c’est surtout pour ses studios d’enregistrement. Profitant de plusieurs annulations pour cause de pandémie mondiale, Christophe Maé s’y est installé deux semaines, en séminaire artistique, avec ses musiciens pour y travailler de nouvelles versions de ses chansons les plus connues, comme « C’est ma terre » ou « Il est ou le bonheur », mais aussi finaliser un nouveau morceau inédit, « l’Ours », en duo avec la star sénégalaise Youssou N’Dour.

Tous les titres sont destinés à une réédition de son dernier album, « la Vie d’artiste », prévu en octobre. « Cela fait trois ans que j’avais en tête un cliché de cet ours maigre, qui meurt de chaud sur sa banquise, raconte le chanteur. Je ne trouvais pas comment l’écrire, et puis j’ai déliré pendant le confinement, en imaginant qu’il se mettait à entendre des chœurs venus d’Afrique. J’adore cette musique-là, Ismaël Lô, Touré Kunda… Et j’avais rencontré Youssou N’Dour à la COP 22 à Marrakech. On avait chanté dans un stade ensemble, je lui ai proposé le morceau et il a enregistré sa voix en studio à Dakar. J’en avais rêvé et ça a été une évidence. » Et d’ajouter : « Et maintenant, c’est moi qui ai hâte d’aller la chanter au Sénégal. La musique africaine fait partie de mes premiers amours, cela me touche énormément. Je suis si heureux de ce mariage avec ma pop! »

Il rêve d’un clip réalisé par Yann Arthus-Bertrand

Pour la mise en lumière de ce nouveau titre, Christophe Maé a un autre rêve. « Je suis fasciné par Yann Arthus-Bertrand, j’ai regardé tous ses documentaires, notamment Human. J’adore son travail. C’est quelqu’un que je vais essayer d’approcher. Je ne l’ai jamais rencontré, je ne sais même pas s’il me connaît mais j’adorerais qu’il mette cette chanson en images. »

En attendant, devant une quarantaine de proches, le musicien a enregistré en vidéo un concert de près de deux heures, le soir du 10 juillet, à la Fabrique. « Nous devions, au départ, faire un live pour les réseaux, mais malheureusement nous n’avions pas assez de connexion ici. Ce concert sera diffusé très prochainement, en attendant que l’on reprenne la tournée. »